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Il y a trois types de jeux : ceux qu’on n’attend pas, ceux qu’on attend, et ceux qu’on attend depuis VRAIMENT très longtemps. Dragon Quest VII fait clairement parti de cette dernière catégorie. Paru en 2000 sur la première PlayStation uniquement au Japon, puis en 2013 sur 3DS au Japon toujours, c’est seulement en 2016, seize ans après la sortie du titre original, que Dragon Quest VII daigne enfin ramener le bout de ses îles en Europe. L’occasion de partir pour une longue aventure, encore que le terme « long » soit un doux euphémisme.

Un fils de roi et un fils de pêcheur sont dans un bateau…

Les fans de Dragon Quest le savent bien, ce n’est pas vraiment une série où le vilain chef des méchants montre sa tronche multi-colorée dès les premières minutes de jeu. C’est même d’autant plus vrai ici où le premier gluant (où slime) ne montre le bout de sa peau bleue qu’au bout de 90 minutes qui paraissent être une éternité. Une heure et trente minutes composés essentiellement de textes et d’allers-retours. Oui c’est terrifiant dit comme ça, et ce qui est encore plus terrifiant, c’est que ce temps de jeu était encore plus élevé das l’épisode PS1. Le point de départ de l’histoire est des plus banals : Deux amis d’enfance veulent découvrir le monde. Pas de bol, ce même monde n’est composé que d’une seule île, et se compose d’approximativement trente habitants, si bien que monsieur-premier-degré se demandera comment la survie de l’espèce peut se perpétrer. Mais si en réalité le monde était plus vaste que ça ?

Bon, on ne va pas se mentir, si le monde de Dragon Quest VII n’était composé que d’une seule île, l’aventure ne durerait probablement pas plus de quinze minutes. Ainsi, après avoir percé les secrets des ruines présentes à l’est de Melyor et après avoir reconstitué une tablette de pierre, les voilà projetés dans une île inconnue. Une fois le chef de bande local terrassé, la vérité se dévoilera sous les yeux de nos héros : l’île qu’ils ont sauvé est apparue dans leur monde, et elle semble en plus avoir gagné quelques siècles d’histoire en plus. La réalité est implacable : les tablettes qu’ils réparent les emmènent dans le passé, et les sauver permet de les restaurer dans le présent. Ceci représente donc le point de départ de votre long périple : sauver toutes les îles une par une, pour que la carte du monde soit à nouveau complète dans le présent. Plus que les sauver, ce périple est aussi le moyen de découvrir le monde, les autres villages, les autres peuples, et l’histoire qui tourne autour.

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Le point de départ d’un très long périple.

Système de jeu classique mais efficace

Bien évidemment, jeu de rôle japonais oblige, le monde (principalement le passé au début de votre périple) est peuplé de monstres en tout genre, que les fans reconnaîtront sans trop de difficultés, tant certains sont indispensables dans un bon Dragon Quest. Bon après, on souhaite les voir… mais pour mieux pouvoir les massacrer à coups d’épées et de sortilèges en tout genre. Dragon Quest, c’est un système qui a fait ses preuves depuis une éternité mais dont les fans ne veulent pas se passer (les fans japonais n’avaient pas vraiment aimé le fait que Dragon Quest IX aurait pu être un action-RPG). Dragon Quest, c’est du tour par tour, ou le joueur peut choisir les actions de chacun de ses personnages (c’est même le mieux à faire, d’ailleurs). Points de vie, gestion des points de magie, attaque classique ou défense, sorts à lancer ou aptitudes à déclencher, tout est là, même la fuite pour les moins téméraires. Et bien sûr, vos ennemis ont accès aux mêmes possibilités pour vous déglinguer le mieux qu’ils peuvent.

Le système du jeu est classique, mais reste toujours aussi efficace.

Le système de jeu est classique, mais reste toujours aussi efficace.

Des possibilités classiques, dans un menu qui l’est également, pour ne pas le qualifier d’austère. Une pression sur le bouton X, le menu s’ouvre et on se débrouille. Pas de menu véritablement dédié à l’équipement, il faut se débrouiller avec le menu des objets et jouer avec l’option « Transférer » pour donner un équipement à un allié. Un aspect qui nous rappelle combien Dragon Quest a toujours été une série à l’ancienne… du moins nous le rappellerait si la structure du jeu elle-même ne représentait pas à elle seule tout ce qui se faisait à l’époque des 16-bits. En effet, Dragon Quest, même sur PS1, n’était pas vraiment à l’air du temps, et on le ressent clairement dans le déroulement du jeu. Si vous êtes hermétique aux allers-retours, Dragon Quest VII vous en fera malgré tout bouffer au-delà de l’indigestion. Même le sort de téléportation ne vous aidera pas, puisqu’il est limité avant tout au présent, à certaines villes… et surtout que le menu ne nous permet de choisir le nom de la ville, sans aucun rappel par rapport à son emplacement sur la carte du monde. Alors autant vous dire que si vous êtes dans le passé, et que vous devez chercher un item important dans le présent sans savoir dans quelle ville il est, le trajet ne sera pas des plus courts pour aller le chercher. Un défaut légèrement atténué par rapport au jeu original dans le cas des fragments de tablette, puisque pour ces derniers, vous avez un radar sur l’écran tactile. Malgré tout, on reste devant un jeu où il faut passer le bonjour à chaque PNJ, à casser leurs vases chez eux et fouiller tout leur mobilier pour être sur de ne rien rater.

Le lifting graphique est du plus bel effet.

Le lifting graphique est du plus bel effet.

Vestiges du passé

Le remake 3DS propose bien quelques aides à droite et à gauche, mais leur utilité est plus que discutable puisqu’elles se limitent à un lutin croisé avec un Majin Buu anorexique en costume vert et une diseuse de bonne aventure inutile. En fait, l’aide la plus précieuse sera… le menu, grâce à l’option « Fragment de tablette suivante » qui vous guidera sans trop d’encombre vers votre objectif. Comme si Square-Enix avait bien compris que les joueurs les moins patients auraient vite fait un détour sur internet pour chercher la solution.

Mais ceux qui passeront outre ces défauts datant du siècle dernier ont une longue aventure qui les attend, une aventure qu’ils pourront un peu modeler à leurs envies grâce aux vocations. Des vocations classées ici en deux catégories majeures : les classes de base, et les classes avancées. Les premières vous permettent d’avoir des compétences que votre personnage conservera en règle générale, et maîtriser plusieurs classes de base vous permettra d’accéder aux classes avancées, dotées de compétences uniques et de quelques bonus non négligeables. Inutile de préciser que celui n’y prêtera pas attention morflera à plus d’une reprise au cours du jeu, d’autant que les séances de farming ne sont pas nécessairement rares, même si dans Dragon Quest VII on sent réellement la différence quand on passe à un niveau supérieur.

Ceux qui n’en ont jamais assez pourront faire un tour du côté du Havre, paradis pour monstres repentis qui vous donneront accès à des tablettes de voyageur. Ces tablettes vous permettent d’accéder à des contrées spéciales (hélas calquées sur les lieux visités dans le jeu, on peut même voir des zones du jeu en avance) peuplés d’un seul type d’ennemi. Idéal pour farmer sans trop de peine, ou d’augmenter votre maîtrise de compétence sans trop d’embûches, sachant qu’en plus Square-Enix en ajoute par wifi. Et pour ceux qui veulent juste se détendre, il y a le casino qui propose des récompenses intéressantes, mais qui hélas, demande de la chance qui ma foi est très rarement au rendez-vous! En résumé, vous avez de quoi faire dans Dragon Quest VII. Principalement entaché par les défauts de l’époque, le jeu a toutefois le droit à un remake de très bonne facture. On pestera parfois contre des coups du sort malheureux, contre les allers-retours trop fréquents, contre les arbres qui apparaissent comme par magie à deux mètres de vous et bien d’autres détails, mais on poursuivra malgré tout l’aventure avec plaisir.

Osons le dire : le casino est une arnaque.

Osons le dire : le casino est une arnaque.

Test de Dragon Quest VII : La Quête des vestiges du monde
On est presque tenté de dire que le temps de l'aventure équivaut au temps qu'il a fallu attendre avant de voir le jeu sortir en Europe. Mais ça y est, il est là, et ce serait dommage de le bouder pour les fans de jeux de rôle à l'ancienne. Mais nul doute que l'archaïsme de la structure du jeu risque d'en agacer plus d'un, tandis que les autres vivront une belle et longue aventure, pas dénuée de défauts mais passionnante.
Graphismes8
Son7
Durée de vie10
Jouabilité8.5
Scénario7
Points positifs
  • Looooooooong
  • Chaque île a son scénario associé
  • Les vocations
Points négatifs
  • Allers-retours pénibles
  • Mécaniques vieilles comme le monde, qui en agaceront plus d'un
  • Faut se montrer patient avant que le jeu décolle réellement
8Passionnant
Note des lecteurs: (5 Votes)
7.9

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